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La résistance d'Akindynos à Grégoire Palamas. Enquête historique, avec traduction et commentaire de quatre traités édités récemment. Volume I: Traduction des quatre traités de la «Réfutation du Dialogue entre un Orthodoxe et un Barlaamite» de Grégoire Pal

La résistance d'Akindynos à Grégoire Palamas. Enquête historique, avec traduction et commentaire de quatre traités édités récemment. Volume I: Traduction des quatre traités de la «Réfutation du Dialogue entre un Orthodoxe et un Barlaamite» de Grégoire Pal

J. Nadal Canellas

2006

Genres: Religion & Spirituality

En 1995, le Père Juan Nadal Canellas éditait dans la «Series Graeca» du «Corpus Christianorum» deux réfutations, écrites par Akindynos, d'une oeuvre célèbre de Grégoire Palamas, le "Dialogue d'un Orthodoxe avec un Barlaamite". Le texte grec de la plus importante de ces Réfutations, écrite en quatre traités, occupait non moins de 408 pages. De cet énorme ensemble, le P. Nadal publie aujourd'hui une traduction française. Elle fait l'objet du t. I, et on notera qu'en préparant cette traduction l'auteur a pu, en plusieurs endroits, améliorer le texte édité il y a une dizaine d'années. Quant au t. II, il présente, pourrait-on dire, le cadre historique dans lequel les Réfutations ont vu le jour. Akindynos avait succédé, apprenons-nous, à Théolepte de Philadelphie comme Père spirituel de la princesse Irène-Eulogie Choumnaina Paleologina. Devenue, encore très jeune, veuve de l'héritier de l'empire, celle-ci portait le titre de "basilissa" et était très riche; toute dévouée à son Père spirituel, elle l'encourageait et l'appuyait de toutes ses forces; elle fit notamment copier ses oeuvres sur parchemin, ce qui les a sauvées. La correspondance échangée entre Akindynos et Irène-Eulogie a également été conservée en partie et permet de mieux connaître l'auteur des Réfutations et les conditions dans lesquelles il a travaillé. La chronologie des années 1340 à 1345 est également éclairée. Après la mort inattendue d'Andronic III en 1341, on assiste à la montée en puissance du ministre et futur empereur Jean (VI) Cantacuzène et du groupe monastique inspiré par Palamas, qui avait ses faveurs. Ces moines ne craignaient pas de tenir des positions pour le moins étonnantes. De la même façon, disaient-ils, que durant tout l'Ancien Testament, seuls les prophètes ont entrevu le mystère de l'Incarnation et que le commun du peuple aurait trouvé inacceptables les vérités qu'a révélées le Nouveau Testament, ainsi auusi aujourd'hui certaines vérités sont révélées à certaines personnes par la grâce de l'Esprit, vérités inconnues du Nouveau Testament. Les Palamites prétendaient aussi, notamment, voir la gloire essentielle de Dieu avec les yeux de leur corps "transformés par l'Esprit-Saint". Palamas ne redoutait pas d'employer le même mot de "divinité" pour désigner des réalités fort différentes; on en arrivait ainsi à parler de divinités multiples. De telles positions éveillèrent la résistance de plusieurs intellectuels, qui voyaient bien à quel point le mouvement rompait, au moins dans l'expression, avec la tradition. Akindynos fut de ceux qui dénoncèrent rapidement le danger. Mais parmi ceux qui attaquèrent les moines, il y eut aussi Barlaam, un Calabrais qui, ne fût-ce que par ses origines, apparaissait comme lié à la Latinité; ceci ne fit sûrement pas de bien au parti des antipalamites. La lutte fut rude; il y eut des bagarres, des emprisonnements. Elle se termina, en 1351, par le triomphe complet des palamites, mais, chose étonnante, on constate qu'après sa nomination au siège archiépiscopal de Thessalonique (1349), Palamas, en tant que pasteur, ne semble plus jamais avoir fait allusion aux idées qu'il avait promues auparavant et qui avaient causé tant de débats et tant de malheurs.

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